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Blog Officiel de l'Association des Bouts d'Chou, à Aigues Mortes

Historique d'une profession

 

Autrefois appelée nourrice, l'assistante maternelle a ensuite été appelée gardienne d'enfants. Maintenant, l'assistante maternelle assure beaucoup plus que de simples fonctions vitales et de gardiennage.

 

AU MOYEN AGE

La bourgeoisie apparaît et l'allaitement maternel n'est pas valorisé, la femme bourgeoise se doit d'être plus femme que mère. Ce sont les femmes issues de milieux populaires qui ont le devoir d'allaiter.

 

Il existe 2 types de nourrices :


      • Nourrices au loin de campagne qui accueillent les enfants chez elles, et les élèvent (surtout les enfants de la ville) ;
      • Nourrices sur lieu (moins de 5%) qui sont placées au sein des familles qui les emploient. Elles se regroupaient dans  des bureaux où les familles venaient les « louer ».

 

 


Tétée au Moyen Age

 

Ce sont souvent des femmes de la campagne qui allaitant leur propre enfant qui ont du lait pour des nourrissons venus parfois de fort loin (voilà pourquoi nous ne sommes plus des « nourrices », nous n'allaitons pas les enfants accueillis !...)

Le plus souvent, s'il a survécu au voyage, l'enfant se retrouve loin de ses parents naturels et en compagnie de plusieurs autres petits enfants car la nourrice a souvent plusieurs pensionnaires pour augmenter ses revenus. Surchargée de travail, elle ne peut pas surveiller d'assez près les enfants et les accidents sont nombreux. Même le sommeil peut être dangereux. Les bébés dorment dans des sacs suspendus aux murs et parfois aussi dans le lit  de la nourrice qui quelquefois en écrase un dans son sommeil.

 

 

Bureau des nourrices au XVIIIème siècle

 

Il arrive que la nourrice se comporte trop durement avec un nourrisson ou au contraire que l'enfant s'y attache comme à sa propre mère. Par ailleurs, on s'inquiète du manque de soin et de propreté de certaines nourrices

 

 

 

 

La mise en nourrice de jeunes bébés fut au XVIIIème siècle une grande cause de la mortalité infantile.
A cette période, un bébé sur quatre mourait avant son douzième mois et un bébé sur deux seulement arrivait à atteindre l'âge de l'adolescence. Cela était dû, d'une part, au manque d'hygiène et d'autre part, au manque d'attention dont bénéficiait le nouveau-né.
C'est à cette époque que l'on situe la prise de conscience collective (autorités militaires, politiques et médicales) du problème posé par l'alimentation du nourrisson

 

 

A PARTIR DE 1850

Le contrôle médical des enfants issus des milieux populaires s'étend. Des sociétés de protection infantile apparaissent et les enfants accueillis en nourrice sont très suivis

Une première législation, la loi Roussel, en  1874,  institue un code des droits et des devoirs de la nourrice pour lutter contre la mortalité et les abus liés aux placements nourriciers.

 

 

     Louix XIV et sa nourrice

 

PREMIERE MOITIE DU XXEME SIECLE

L'accueil en nourrice diminue. Les biberons stérilisables apparaissent et l'allaitement artificiel est fortement encouragé grâce aux découvertes de  Louis Pasteur.

Progressivement, les parents se mettent à garder leurs enfants chez eux.  La médecine va encourager les mères à élever elles-mêmes leurs enfants.

La Protection Maternelle et Infantile apparaît en 1945. Une de ses missions est d'organiser la surveillance des placements nourriciers. La fonction évolue vers une fonction de garde et de soins. L'une des préoccupations de l'époque est la baisse du taux de mortalité.

 

 

 

 

A PARTIR DE 1950

Les pratiques éducatives s'assouplissent à partir des années 1960. L'influence de la psychologie se fait sentir sur les pratiques éducatives. Il existe des manuels d'apprentissage de la fonction maternelle.
Parallèlement à l'accroissement du travail des femmes, il est de bon ton que celles-ci restent encore auprès de leurs enfants pour les élever. Les modes d'accueil collectifs sont peu nombreux, le travail des nourrices appelées également gardiennes est peu réglementé. Le travail au noir est important.

 

EN  1977


Il faudra attendre la loi de 1977, pour que  les gardiennes accèdent au statut d'assistante maternelle, c'est-à-dire une personne qui a pour « fonction d'assister les parents dans leurs tâches éducatives » auprès de leur enfant. Cette loi instaure aussi un statut professionnel précisant les modalités d'agréments délivrés par la P.M.I.
Cette loi fixe

  • une base de rémunération (2 SMIC horaire pour une garde de 8 heures par jour)
  • une égalité de droits avec  l'ensemble des salariés en  terme de congés payés
  • des indemnités d'absence (un SMIC horaire par jour)

Certaines contraintes sont également imposées aux assistantes maternelles

  • règles d'agrément (examen médical, aptitude reconnue à la garde des enfants, salubrité du logement)
  • la loi impose aux parents employeurs de déclarer l'assistante maternelle

 

EN 1992

La loi du 12 juillet 1992 vient renforcer celle de1977 en insistant sur le fonction d'accueil. Elle a aussi pour but de lutter contre le travail au noir. Elle favorise la reconnaissance du travail de maternage et d'éducation que dispensent les assistantes maternelles à leur domicile :

  • Les conditions d'obtention de l'agrément sont simplifiées
  • L'agrément est valable pour 5 ans et le nombre d'enfants est limité à 3
  • L'assistante maternelle peut désormais avoir le soutien d'une assistante sociale et d'une puéricultrice
  • Sa rémunération est revalorisée : minimum 2,25  fois le Smic horaire, maximum 5 fois  le SMIC horaire, par enfant et par jour
  • La formation devient obligatoire : 60 heures sur  5 ans
  • Les parents bénéficient d'une réduction fiscale égale à 25% des sommes dépensées
  • Les parents  perçoivent l'AFEAMA, aide mensuelle réduisant le coût de ce mode de garde (remplacé par le PAJE pour les enfants nés à partir de 2004, et valorisé)

 

EN  2005

La Convention Collective des Assistantes Maternelles  du particulier employeur est applicable depuis le 1er janvier 2005.
Cette convention apporte un certain nombre de réponses aux assistantes maternelles, du point de vue de leur professionnalisation et de leurs conditions de travail.

  • Le caractère normal et obligatoire de la mensualisation est réaffirmé.
  • L'absentéisme de l'enfant n'est plus pris en compte
  • La reconnaissance des frais auxquelles elles doivent faire face en accueillant des enfants à leur domicile (indemnité d'entretien de 2,65 euros minimum par journée d'accueil)
  • Obligation d'un contrat de travail écrit
  • Obtention d'un bulletin de salaire mensuel à date fixe
  • Instauration d'un régime de prévoyance pour prévenir les pertes de salaire en cas de maladie ou d'accidents

Le texte de cette convention leur permet de diminuer nettement la précarité de leur situation.
La loi concernant les assistantes maternelles  a été adopté le 27 juin 2005.  Elle apportera encore des améliorations à  cette profession ( formation….)
Les premiers décrets d'application sont parus en mai 2006 (indemnité d'entretien..)

 

Ce document a été fourni par le RAM de la Cabriole 

 

Evolution du nombre d'agréments et d'assistants maternels salariés
par des particuliers en exercice

graphique
 
 
Mode de garde jugé le plus satisfaisant par les parents
 
graphique
 

Source : rapport du groupe de travail consacré aux « Métiers de la petite enfance dans les structures d'accueil collectif », ministère délégué à la famille, novembre 2002.



09/02/2009
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